jeudi 3 mai 2012

La fin approche ... et pas tant que ça!


De gros problèmes me tourmentent et de grandes décisions m'attendent:  j'ai fini mes sachets de thé pas bon espagnol, j'ai terminé ma boîte de Nesquick, il ne me reste que deux paquets et demi de mouchoirs, mon gel douche maxi size va bientôt se terminer, ma deuxième brosse à dents tourne mal, il ne me reste qu'un paquet de chocolat aux noisettes Côte d'Or... : que dois-je racheter, que dois-je sacrifier ou encore ne vais-je plus me laver durant un bon mois? Tant de questions qui rendent la vie d'un étudiant (Erasmus) compliquée!

 La fin de la tant attendue expérience Erasmus est proche?! Oui et non, difficile à dire parce que comme dit ma co-kotteuse, "el tiempo pasa volando", littéralement traduisez "le temps passe en volant", littérairement, ce que vous voulez mais en gros, le temps passe vite.

Oui c'est bientôt la fin parce que cette semaine, je suis allée à une fête d'adieu de deux potes américains qui s'en retournaient déjà dans leurs contrées. Je ne me suis rien dit de spécial en y allant (sinon que j'étais pas d'humeur à sortir. En conséquence, je me suis habillée comme une baraki pour faire passer le message. Ca a très bien fonctionné. Aucune personne ne m'a demandé si je voulais sortir après. Peut-être que les gens  auraient eu un peu honte de traîner avec moi vu la dégaine que je me trainais. LOL. non mais peut-être, vraiment ), je ne "réalisais" pas très bien en fait. Mais lorsque j'ai vu Forrest faire son speech d'adieu, je me suis dit que les choses devenaient sérieuses et que dans le fond, je ne savais pas trop si j'aimais ça.

Oui c'est bientôt la fin car chaque jour qui passe me rapproche de mon départ (merci pour cette excellente analyse, GENIUS!). Ce que je veux dire, c'est que c'est une chose à laquelle je pense de plus en plus : mon départ. J'ai hâte de revenir, de retrouver la Belgique et tous les gens qui y comptent à mes yeux mais en même temps, plus j'y pense, plus je me rends compte que tout ça va me manquer. Tout ça quoi? Salamanca, la ville en général, les rencontres, les conversations en plusieurs langues, mon exaspération face aux Français qui commentent les accents de tous les autres francophones (ah non, en fait, ça, je ne crois pas que ça va me manquer tant que ça, quoique...), les soirées du mardi et du jeudi, les tapas, les tickets de boissons gratuits pour les filles, les étrangers qui adooooorent tous l'accent français, les débats avec mes co-kotteuses en quasi hurlant, mes co-kotteuses tout court d'ailleurs ... J'ai mis un peu de temps à m'habituer à ma vie salmantine mais maintenant que j'y suis réellement accoutumée, je me sens comme si je devais m'en aller un peu trop tôt.

Oui c'est bientôt la fin car nous sommes le 4 mai et que le 5 juin, j'aurai terminé ma session d'examens ici - session par ailleurs relativement courte due à mes quatre examens qui sont quand même parvenus à tomber soit en même temps, soit les uns à la suite des autres-. Merci ma chance légendaire...

Mais comme me dit Mathieu, mais nooon, ce n'est pas la fin, on a encore du temps. Il n'a pas complètement tort: je suis arrivée à Salamanca le 8 février, chargée comme un âne et épuisée d'avoir attendu quatre heures dans l'aéroport de Valladolid pour prendre le bus qui menait à Salamanca. Je me rappelle encore mon arrivée dans l'appartement, l'accueil de mes co-kotteuses et moi me demandant "mais qu'est-ce que je fous ici?". Je me rappelle aussi les premières fêtes où, un peu hésitante, je tentais d'établir le contact avec les autres Eramsus en me demandant lequel d'entre eux allait peut-être devenir un pote, une personne quelqu'un qu'on n'oublie pas... Mais comme je l'ai déjà dit, on est le 4 mai et je repars le 11 juin, ça me laisse encore un bon mois pour profiter de cette ville et de ses habitants, ses parcs et son soleil (non, en fait en ce qui concerne le soleil, pas de chance numéro 2 puisque Mel, ma co-kotteuse, m'a dit qu'il n'a pas fait aussi mauvais à Salamanca depuis aussi longtemps. Les jours sont gris, pluvieux et froids. Je n'ai plus de vêtements d'hiver car je les ai tous ramenés à Pâques et je lutte chaque matin pour avoir un "look" correct et ne pas faire trop d'associations vestimentaires étranges. J'en ai quand même été réduite à aller en cours avec mon haut de jogging, ça fait mal oui... Mais je m'égare). Il me reste donc un bon mois pour "profiter" de Salamanca. C'est vrai.  (Même si avec la perspective des examens, ça le devient tout de suite un peu moins...)

Cela étant, non, la fin n'est pas (si) proche car quand on considère la chose, je suis aux trois-quarts de mon séjour ici. Un quart, ce n'est pas négligeable! Qui sait ce qu'il peut encore se passer? Ici, je suis déjà allée dans les supermarchés, chez la couturière (oui, la braguette de l'un de mes seuls pantalons a rendu l'âme, c'est encore plus la misère pour les vêtements le matin, je ne vous refais pas le topos), à la police, dans une salchichéría, dans les bars, dans les dancings (pour vous les lutins!), dans une bibliothèque (oui j'avoue il y a très peu de temps, exactement cinq jours), à la station de train et de bus (cool ma vie),... Mais je ne suis pas (encore) allée chez le coiffeur - quoique je ne pense pas m'y risquer-, à la pharmacie, au cinéma, au bowling, à l'hôpital,... Me sont aussi arrivées des anecdotes assez diverses telles que l'épisode de "puta" dans l'église, déjà conté précédemment, des situations d'incompréhension totale avec mes co-kotteuses car je n'avais rien pigé à la conversation, des foirages de lessive (deux jusqu'à présent), des soirées sans grands souvenirs, des décisions de prendre tel cours ou non en fonction de l'horaire, bref mon quota d'Erasmus situations (oui ça sonne bien quand on le prononce version english) est déjà pas mal rempli mais peut mieux faire encore!  En gros, je n'ai pas tout vu à Salamanca, je ne verrai certainement pas tout mais j'y aurai sûrement vécu l'essentiel.

Quoi qu'il en soit, oui la fin est proche et non, ce n'est quand même pas pour tout de suite. Que ce soient la perspective de passer encore un peu de temps ici ou celle de rentrer dans pas si longtemps, les deux me réjouissent. J'essaye de ne pas penser au fait que je ne verrai plus un grand nombre de personnes rencontrées ici après l'Erasmus mais plutôt de penser à la chance que j'ai de les connaître tout comme j'ai hâte de revoir vos bouilles de belges, de parler en français sans tout mélanger, de manger des vraies frites, de voir la Casa et de boire des vraies bières (mêmes les pils belges sont meilleures que les "bonnes bières" d'ici.)

Muchissimos besos de España,
Prenez bien soin de vous,
Courage pour la période blocus-examen!

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